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MINI 1293

Voici l'histoire d'une Mini 1000 de 1987 dont le moteur était cassé, offert par un ami pour service rendu.


 Mon beau frère voulait qu’on en bricole une ensemble. Après quelques recherches sur le net, une annonce retient notre attention.

Refaire une voiture était intéressant, mais l'idée de la partager ne me semblait pas évidente à réaliser. Je décidai de la prendre pour moi et de passer à l'action. Le rendez-vous fût pris le 29 juin 2004 dans une petite ville du 27. En Porsche, nous décidons de nous garer sur la place de l’église car je me voyais mal discuter le prix de 500 euros de l'annonce déjà dérisoire.


 En arrivant devant la maison nous l'apercevons dans la cour. Elle est jaune avec toit noir, et oui comme celle de Mr Bean. Peu importe, sa ligne est irrésistible ! Le propriétaire nous accueille et nous présente la bête. Pour tout avouer, à ce moment, je n'y connais rien en Mini, mais alors rien du tout. Je fais le tour, je tape un peu partout sur la carrosserie pour faire genre et décide de regarder le moteur. Là, c'est le point d'interrogation : que faut-il regarder en priorité ? Le compartiment moteur a l’âge de ces 100 000 kilomètres, la mousse du tablier complètement délabrée, de l'huile partout. Je ne savais pas quoi en penser…Malgré toutes ces questions, la petite Mini ne me laisse pas indifférent et je valide donc son achat pour le mois suivant.


 Le jour J arrive enfin. Je récupère un camion plateau et nous voila partis mon ami, le beau-frère et moi. Nous arrivons à destination, la Mini est là qui m'attend, l'intérieur rempli de vieilles pièces. Je sens le vendeur soulagé de la voir partir car celui-ci déménage et a un enfant en bas âge. Au moment de remplir les papiers, je lui demande un rabais de 50 euros pour le style. Il accepte tout simplement. Cool ! Et c'est là où mon ami intervient : à la rédaction du chèque, il m'apprend qu'il me l'offre pour le coup de main donné auparavant.


 Au début, rien ne laissait présager qu'un jour je serais en possession d'une voiture pour laquelle je m'investirais tant. Je veux dire par là, faire une recherche historique mais surtout mécanique car la Mini est à mes yeux un superbe "pudding" de pièces.

Après avoir pris connaissance de mon acquisition, je me rends compte que des modifications ont été effectuées sur le moteur. Un 1275 cm3 en lieu et place du 1000 d’origine, provenant d'une Metro, équipé stage 1, carburateur HIF44 avec son aiguille, filtre à air KN cône, et ligne complète Maniflow sans silencieux intermédiaire. J'ai compris un peu plus tard que ce 12HD21 était une bonne base de prépa et donc un bon atout.


 La petite est stockée chez le beau-frère dans un grand hangar. Malheureusement, pas à côté de chez moi, ce qui ne va pas aider à la bricoler. Tant pis, j'assume et commence par démonter la culasse. J'aperçois rapidement que le ressort de soupape huit est écrasé. Pas de traces d'impact sur les pistons, les soupapes ne sont pas tordues. Bonne nouvelle ! Après cette première journée, je me mets à la recherche de fournisseurs de pièces dans la région. C’est ainsi que le contact fût pris avec Audra, un petit garage près de chez moi. Ce qui est marrant, c’est d’être passer devant maintes et maintes fois sans prêter attention à ce petit monde de la Mini.


 Au comptoir, c’est Laurent qui me reçoit, je lui explique mon cas, et passons près d’une heure à faire le tour des pièces dont j’avais besoin. Au passage il me conseille sur quelques petites améliorations à faire : doubles ressort de soupapes, chaîne de distribution double allégée, poussoirs allégés, pompe à huile de Metro turbo et pompe à eau haut débit. Je lui passe commande et viendrais la chercher plus tard. (Liste complète des pièces changées)


 Retour au hangar, nous sortons le moteur par le dessous afin de retaper le train avant au mieux. Petit à petit le moteur se sépare de ses éléments pour emmener le bloc cylindre et la culasse chez le rectificateur. Au menu : réalésage +20 du bloc, surfaçage et mise à l’épreuve de la culasse. Le plus dur aura été d’enlever l’embrayage. En attendant je nettoie et repeins les pièces restantes.


 Ma commande est prête ! Et j’en profite pour rajouter deux trois petites choses. Je récupère aussi le bloc, de beaux pistons tout neufs et la culasse. Ca sent bon le remontage.


 Huit mois plus tard, le moteur est remis dans sa caisse sans trop de difficulté. Le premier démarrage est fastidieux et le moteur tourne comme une patate. Sûrement l’allumage. Mais les relations avec le beau-frère se dégradent… Je suis contraint à déménager la Mini le 04 juin 2005.

 Ma chance est d’avoir un deuxième beau-frère qui veut bien me prêter le garage de son père. Certes, c’est beaucoup plus petit mais le geste est tellement sympa. Au passage, il m’offre un volant Personal. Là bas, j’y fais quelques finitions et essais de régler le moteur mais sans grande réussite. Le temps passe et après cinq ans la Mini est emmenée chez mon garagiste qui s’occupera du réglage et du contrôle technique. Le 20 septembre 2011, l’élue arrive enfin dans mon box en état de rouler. Enfin ! Le rodage…


 En parallèle, je commence à poncer la carrosserie et découvre l’étendue des dégâts : deux bas de caisse intérieurs à changer, une belle bosse sur l’aile avant droite recouverte de mastic, un berceau arrière très abîmé et quelques points de corrosion perforante par-ci par-là. Je traiterais la carrosserie avec des produits de chez Restom.


Tout çà peut-être effrayant quand on se dit que tout ce qui va suivre, sera fait sans électricité donc…sans éclairage. Mais bon ! Elle est à 300 mètres de chez moi et je prends du plaisir à la bricoler.


Pour changer un peu, je me mets à fabriquer des tableaux de bord, afin de trouver une config simple et complète, histoire de mettre ma touche. Je trouve sur le net un logiciel permettant de faire l’acquisition du signal moteur par une prise jack via un pc. Cette prise sera installée à la place de la tirette de chauffage, je tiens à préciser que tout le système de chauffage ne sera pas remis pour un gain de poids. Revenons à cette prise, qui pour fonctionner doit être branchée à un schéma électronique. Pour ça, je fais appel à mon frère, grand malade de puces, de résistances et de programmation. Quelques mesures plus tard, le pc est branché et prêt à marcher. Les tests révéleront une puissance d’à peu près 73 ch. En voyant çà, mon frère me propose de fabriquer un ordinateur de bord permettant l’affichage : des températures, du carburant, liquide de frein, allumage des feux automatique etc.… Beau projet en perspective.


 Pendant qu’il travaille de son côté, je me lance dans l’installation d’un réservoir droit récupéré sur le net. Je le relie à celui de gauche par le système des vases communicants, isolés l’un de l’autre par deux petits robinets. Au total 58 litres. J’ai changé la porte passager bien rouillée et trouvé un train arrière complet avec un kit Hi-low. Celui-ci sera refait pour remplacer l’autre. Les jantes tôle on été remplacées par des jantes alu et pneus Yokohama 539. L’isolant plancher a été totalement enlevé, environ 5 Kg de moins. La planche de bord supérieure et toutes les gaines de chauffage ont aussi été supprimées.


 A 4000 Km, j’ai changé le joint de culasse car l’ancien fuyait au niveau du 11ème goujon, rien de grave, mais rendait le moteur chaotique à chaud. Possédant un filtre à air KN conique (pas le mieux pour ses problèmes de flux d’air), j’ai taillé dans un bloc d’aluminium, un cône facilitant l’entrée d’air. La pipe d’admission a été ajustée au diamètre du carburateur, soit 44 mm ; l’entrée pour les reniflards, bouchée ; l’alternateur remplacé.


 Mais le meilleur reste à venir : l’installation d’un allumage électronique programmable. C’est un 123 Tune pour moteur A+ .Croyant sa fabrication uniquement pour les pré-A+, je suis passé chez Datch pour leur demander. Ils m’on répondu qu’il existait bien et en avait reçu deux : un vendu, il y a quelques semaines et encore un en stock ! J’ai dû réfléchir une dizaine de minutes avant de dire oui, sachant que sur le site officiel il n’est même pas référencé. La date du 10/01/2013 est gravée dessus, en ma possession le 11/03/2013.


 En aucun cas je n’ai voulu faire de ce moteur une bête de course, mais plutôt quelque chose pour tous les jours ayant suffisamment de puissance pour doubler et s’amuser. En gros je cherche à exploiter le stage 1 au mieux de ses capacités. Je ne sais pas quand elle sera terminée mais ce que je regrette, c’est de ne pas avoir demandé de détails sur son histoire, le premier proprio, la date du changement de moteur et par qui. Tant de questions …